Juillet 2018Ma ville vient d’être piratée !

Ma ville vient d’être piratée !

Ajout d’un capteur LoRa sécurisé dans l’architecture SmartCanton.
© HEPIA / D. Da Silva Andrade

Et si ce titre était la manchette d’un journal en 2025 ? À cette date-là, la Smart-City sera une vraie réalité avec une multitude d’objets connectés, de services nouveaux, utiles tant aux privés qu’aux collectivités. Mais en ce 1er avril 2025, c’est le chaos à Genève ! Plusieurs de mes applications smartphone dysfonctionnent.

L’application « fluidité du trafic » me propose cette fois un parcours improbable, car tout semble être bloqué. Généralement, elle me permet d’arriver rapidement en voiture à HEPIA, car elle connait l’état du trafic, de tous les feux de circulation, des flux sur les passages piétons. J’ai également reçu des alertes de pics de pollution à un très grand nombre de gaz. Les autorités et sociétés privées sont submergées par des alertes, telles que poubelles qui débordent, nuisances sonores, risques de fissures dans des ponts, mais le plus original reste l’alerte sanglier annonçant la présence d’une harde sur Plainpalais !

Le point commun dans ce scénario est l’utilisation d’objets tous connectés par la technologie LoRa*. En 2018, le SmartCanton de Genève va devenir une réalité et va permettre de relier une multitude de nouveaux capteurs tout en garantissant un niveau maximal de sécurité et de confiance dans les données.

À HEPIA, depuis trois ans, des chercheurs en informatique travaillent sur cette nouvelle technologie. Plusieurs projets de recherche, des cours, des travaux de Bachelor et de Master ont été réalisés.
La dernière thèse de Master sur ce sujet a permis de créer un démonstrateur validé sur le prototype du SmartCanton dans lequel une nouvelle méthode de transmission des clés de sécurité a été déployée. D’une part un HSM (un ordinateur extrêmement sécurisé pour le stockage de mots de passe) est utilisé par le Canton de Genève et, d’autre part, une application smartphone et une connexion Bluetooth vers l’objet permettent de garantir que les clés de sécurité inscrites sur le capteur ne puissent être connues de quiconque. Le module développé à HEPIA a ainsi permis de transmettre des données environnementales par LoRa avec un meilleur niveau de confiance et en se protégeant du risque d’usurpation d’identité du capteur.

Le prochain projet de recherche va porter sur la géo-localisation par LoRa et l’expérience prévue permettra de suivre des sangliers. Soyez rassurés le scénario de 2025 n’arrivera probablement pas !


Fabien Vannel
Professeur HES
Institut inIT
Groupe Embedded & Real Time Systems

 


*    La technologie LoRa permet aux objects connectés d’échanger à bas débit des données sur de longues distances avec une très faible consommation d’énergie.