Juillet 2018Un modèle physique au fil de l’Arve

Un modèle physique au fil de l’Arve

Centrale hydroélectrique de Vessy et passe à poissons sur l’Arve. © SITG

Modélisation physique de l’Arve à Vessy, échelle 1/40, dans les murs d’HEPIA.© HEPIA

À Genève, depuis plusieurs années, les cours d’eau font l’objet d’une attention particulière : renaturation, sécurisation, mais également réhabilitation de la migration piscicole. À Vessy, le long de l’Arve, où la création des infrastructures d’une centrale hydroélectrique entrave la rivière, un ouvrage de franchissement piscicole, en rive droite, a été créé pour répondre aux obligations légales. Cet aménagement, après observation, ne répond pas aux exigences pour la migration piscicole et doit être assaini.

La structure actuelle cumule des problèmes d’entretien liés aux caractéristiques de la rivière : ensablement de la passe à poissons par les limons, dépôts de bois ainsi que la surverse des eaux de l’Arve dans l’ouvrage. L’accès des poissons à la partie supérieure du cours d’eau est ainsi entravé, ce qui est contraire au but recherché.

Après une première modélisation physique couronnée de succès sur la rivière de l’Aire, le Laboratoire d’Hydraulique Appliquée d’HEPIA (LHA) réalise en ses murs une nouvelle maquette pour répondre à la problématique de la passe à poissons sur l’Arve à Vessy. Cette modélisation permet d’étudier précisément les conditions locales des écoulements sur cette dernière et de déceler les problèmes d’obstruction par les déchets flottants ou par l’ensablement.

L’assainissement de l’ouvrage induit la compréhension des conditions d’écoulement de l’ensemble des infrastructures rattachées à la centrale ainsi que la connaissance de la zone alluviale et son évolution au fil des crues. Pour cette raison le modèle physique a été conçu avec un lit de rivière mobile.

L’enjeu est donc de proposer une passe à poissons qui soit fonctionnelle et autonettoyante afin que les poissons puissent poursuivre leur montaison sans entrave et coloniser l’Arve et ses affluents en amont de Genève.

Afin de remplir ces objectifs, divers essais seront réalisés sur le modèle physique, comme la reproduction du transport solide de la rivière et des bois flottants ainsi que la modélisation de crues et des étiages*. Pour en extraire les informations utiles, le modèle est doté d’une batterie de capteurs permettant la mesure en temps réel des vitesses, des hauteurs d’eau sur le modèle, mais aussi du débit en entrée de celui-ci.

Grâce à cette maquette, les hypothèses d’aménagement prises durant le projet pourront être vérifiées en vue de garantir le bon fonctionnement du futur ouvrage.

Prof. Dr Zsolt Vecsernyés
Professeur HES
Instituts inTNE et inPACT
Responsable du laboratoire
d’hydraulique appliquée - LHA

 


*    étiage : débit minimal d’un cours d’eau