Juin 2017Ecole au Sénégal : toute la richesse d’un projet

Ecole au Sénégal : toute la richesse d’un projet

Les ouvriers sénégalais œuvrent sur le chantier. © hepia / Maman Faye

Eva Guidi et Ines Hofmann devant l’école, fruit de leur travail. © hepia / Thomas Hofmann

 

Par un bel après-midi de juin, le soleil nous enveloppe de sa chaleur, nous marchons dans des rues de terre battue, dans un village où nous n’avons jamais mis les pieds. Nous croisons des enfants qui jouent et aussi quelques vaches sauvages, puis d’un coup, nous nous arrêtons devant un bâtiment que nous avons dessiné à 5000 km d’ici, au sein d’HEPIA à Genève.


Tout commence au 2ème semestre de Master en Architecture. Nous recevons une demande pour dessiner le projet d’une école au Sénégal et résoudre des problèmes de structure. Après avoir pris connaissance du projet et de la situation géographique, nous décidons de proposer un nouveau concept à l’ONG World Wide Watch, et grâce à son accord, c’est le début d’une aventure.


Le Sénégal fait quatre fois la taille de la Suisse et le double d’habitants. Les constructions des villages sont souvent en briques de ciment et terre. Les structures métalliques ou la paille sont utilisées pour les toitures. Les températures atteignent 40°C et les pluies de mousson délavent le sol régulièrement.
C’est le moment de donner vie à nos idées, mêlées de l’empreinte de nos découvertes, pour concevoir et dessiner plus concrètement ce projet. Avec l’aide de Alan Rohr Reis (Ingénieur civil) et Nicolas Rossier (Architecte), tous deux enseignants à HEPIA, nous développons les différents détails, en étant confrontés à des questions structurelles et de mise en œuvre. Les éléments de toiture, de 10 m de long, devront être transportés en voiture et pouvoir être portés à bras d’homme. La disponibilité des matériaux de construction et l’importance du savoir-faire local deviennent des facteurs déterminants.
C’est enfin en juin 2014, que nous finalisons le projet comprenant les plans, coupes, élévations et données. Il consiste en deux salles de classe, deux appartements pour les professeurs et un bloc sanitaire. Le dossier partira pour le Sénégal et guidera les ouvriers dans sa réalisation. C’est une première phase qui s’achève, mais quelques mois plus tard nous recevons des photos du chantier et une invitation pour l’inauguration sur place.


Nous arrivons à Dakar sur un continent inconnu. Puis c’est en bus, en car, en bateau, en charrette et en moto, que nous arrivons enfin à M’Bam, où nous sommes chaleureusement accueillies par deux familles. Nous sommes alors dans un autre monde et nous vivons au rythme local. La journée, nous restons sous le manguier, où il fait frais, nous mangeons ses fruits en discutant avec nos hôtes et les habitants. Nous remontons l’eau du puits pour prendre notre douche et attendons la fraîcheur de la soirée.


Et puis, c’est le jour de l’inauguration. On danse, on chante, on mange avec les habitants du village.
Le ministre sénégalais de l’éducation est présent, ainsi que Fabio Luchesi, président de l’ONG World Wide Watch. C’est un moment de joie et de fierté d’avoir contribué à la construction de cette école. Elle est le reflet de notre travail, mais aussi de la culture et du savoir-faire des ouvriers.
Pour conclure, nous souhaitons dire que nous sommes reconnaissantes d’avoir eu la possibilité de participer à ce projet pendant nos études. Nous aimerions que cette expérience inoubliable motive les professeurs et les étudiants à continuer de proposer et de participer à des projets comme celui-ci.

Eva Guidi et Ines Hofmann
Etudiantes Master en Architecture
2014-2016