Juin 2017Nous qui voulons le ciel

Nous qui voulons le ciel

Modélisation de la conception mécanique du module ARES II.
© team ARES II

 

L’homme a sans cesse montré un fort besoin de découvrir et de comprendre l’existant qui l’entoure. Difficile de dire quel est celui qu’il satisfait en trouvant des réponses à sa curiosité. La découverte de l’univers environnant n’est pas une nécessité vitale, pourtant elle est présente dans toutes les époques et cultures. Dans cette optique, l’espace a toujours été un grand défi à notre curiosité : d’immenses océans noirs nous séparant d’îles de matières inconnues.


Un groupe d’étudiants d’HEPIA passionnés par la recherche spatiale a décidé de proposer une expérience scientifique dans le cadre du projet REXUS (Rocket Experiment for University Students) en collaboration avec d’autres camarades de la HEIA-FR. L’équipe HES, se présentant sous le nom « ARES II », a été sélectionnée et lancera son expérience scientifique depuis le centre spatial d’ESRANGE, en Suède, au mois de mars 2018.


L’expérience proposée vise à comprendre le comportement des liquides lorsqu’ils sont mis en condition d’absence de poids et à en rendre publics les résultats. Dans les missions spatiales, en effet, beaucoup de procédés requièrent l’utilisation de liquides. La capacité de positionner un liquide dans un conteneur est donc d’importance primordiale, surtout dans les systèmes de propulsion, qui utilisent des ergols* très agressifs empêchant l’utilisation de plastique et de gomme. Les phénomènes se manifestant dans de telles situations sont peu intuitifs, et nécessitent souvent un certain niveau d’abstraction. C’est pour cette raison que dans le passé cette science était regardée par les non experts un peu comme de la magie noire, à laquelle faire peu confiance ! C’est avec la publication des données expérimentales, la divulgation de l’information et les calculs à l’ordinateur que cette science a pu être mieux comprise et admise par le reste du monde de l’ingénierie et elle est couramment employée dans les missions spatiales.


Si le défi de faire accepter aux ingénieurs les résultats de cette science est aujourd’hui gagné, le coût exorbitant des campagnes de vols amène à ce que les données expérimentales sont peu ou pas publiées par les entités qui en ont la propriété. Dans ce sens, le but d’ARES II est d’augmenter la quantité d’informations publiques disponibles dans ce domaine.


Certes l’aventure que nos étudiants ont entreprise ne vise pas la découverte de nouveaux mondes au-delà de notre système solaire. Pourtant elle célèbre la course à l’exploration de notre univers, l’envie humaine d’aller au-delà de ses propres limites, de construire un monde nouveau et de poser une nouvelle pierre à la connaissance de l’inconnu.

Roberto Putzu
Professeur HES
Leader scientifique du projet

 


* substance employée, seule ou en association, comme combustible