Mars 2018Prix BioAlps 2017 : la récompense d’une carrière

Prix BioAlps 2017 : la récompense d’une carrière

M. Stoppini recevant le Prix BioAlps 2017

 

Il n’est jamais facile de parler de soi, mais lorsqu’un prix vient récompenser une carrière au service des neurosciences et plus particulièrement du diagnostic, cela devient un peu plus aisé. Quoique…


Professeur de bio-ingénierie à HEPIA depuis 2008, j’y ai mené des activités de recherche dans le domaine de l’ingénierie tissulaire et des interfaces bio-électroniques, en particulier autour du tissu cellulaire nerveux.


Autrement dit, et en résumé, comment développer des cellules ayant les caractéristiques de cellules nerveuses humaines primaires, tout en générant et maintenant le tissu cellulaire en 3D grâce à une nouvelle approche de culture à interface air/liquide. Cela permet, à des cellules in vitro, de conserver les propriétés des cellules in vivo. L’objectif visé est d’atteindre un diagnostic toujours plus personnalisé.


En 2014, mon laboratoire a eu l’extraordinaire opportunité de déménager au Campus Biotech et de s’insérer parmi d’autres groupes de recherche provenant par exemple de l’Université de Genève et de l’EPFL. Nous collaborons activement avec eux dans le cadre de la plate-forme « medical devices » du Campus Biotech.


Nos recherches ont permis la constitution d’une collection de différents types de cellules, en particulier de cellules nerveuses dérivées de cellules pluripotentes. Celles-ci ont la propriété de se différencier en n’importe quel type de cellules de l’organisme humain. Nous parvenons ainsi à générer des « mini-cerveaux » qui servent de modèles pour tester de nouveaux médicaments pour le cerveau.


En collaboration avec des partenaires tels que le Centre Suisse de Toxicité et le Centre Wyss de Genève, nous évaluons la toxicité de molécules chimiques et de nanoparticules, présentes dans l’environnement, dans notre alimentation ou dans de nouveaux matériaux, ainsi que la biocompatibilité de nouvelles générations de neuroprothèses (prothèses neurologiques contrôlées indirectement par le cerveau).


Grâce à mes travaux, j’ai eu la chance de tisser tout un réseau de contacts et de collaborations scientifiques et techniques non seulement avec des ingénieurs et des groupes de recherche, mais également avec des institutions publiques, comme le CHUV et les HUG, et des entreprises privées. J’ai participé ainsi, même si c’est dans une modeste mesure, à l’émergence de la « Health Valley » lémanique.


C’est cette implication que le Comité de la Fondation BioAlps a voulu récompenser en me décernant son prix académique 2017. J’en suis très honoré et très touché. Je partage bien entendu ce prix avec l’ensemble des membres de mon équipe, mais aussi avec HEPIA dont le soutien n’a jamais fait défaut et qui est un fantastique condensé de compétences ! Un grand merci !

Luc Stoppini
Professeur HES