Octobre 2017Réchauffement climatique et nouveaux ravageurs

Réchauffement climatique et nouveaux ravageurs

© HEPIA / Pierrick Buri

 

L’évolution des températures peut affecter la faune et la flore, et favoriser la diffusion d’organismes nuisibles émergents et d’espèces exotiques envahissantes. En effet, avec un réchauffement climatique, plusieurs espèces non répertoriées en Suisse sont susceptibles d’exercer une pression de plus en plus forte sur les cultures, notamment en région transfrontalière.

Piège à punaises de forme pyramidale © HEPIA / Gaël Pétremand

 

Le Canton de Genève, caractérisé par des déplacements transfrontaliers nombreux, un aéroport international et un port franc, est un site clé d’introduction d’organismes au nord des Alpes et nécessite donc un suivi particulier.
En ce sens, un projet, financé par la Confédération dans le cadre du programme pilote « Adaptation aux changements climatiques », a été mis en place de 2014 à 2016 dans le Canton par une équipe de professeurs-chercheurs de l’institut inTNE d’hepia, la DGAN¹ et la HES de Changins.

L’objectif principal était d’établir un système de surveillance précoce des organismes indésirables émergents afin de freiner leur dissémination et leur impact sur la qualité des habitats agricoles et les cultures en Suisse.
Une trentaine de sites agricoles et urbains ont été observés afin de détecter la présence de nouveaux ravageurs mais aussi d’identifier ceux déjà présents dans le Canton, son écologie saisonnière risquant d’être modifiée en raison d’un réchauffement climatique. Cultures de tournesol, cultures fruitières et maraîchères, et vignes ont été scrutées à la loupe à l’aide de différents outils de détection. Il a ainsi été possible de confirmer la présence d’un ravageur important des cultures sur le territoire genevois, la punaise marbrée, d’établir un protocole efficace de suivi d’adventices² importantes (souchet comestible, ambroisie, etc.) et d’identifier des maladies affectant le patrimoine arboré et les pépinières du canton.

 

Sophie Rochefort
Professeure HES
Responsable de la filière Agronomie

 


1. Direction générale de l’agriculture et de la nature du Canton de Genève
2. Mauvaises herbes dans les champs agricoles


  

ÉTAPES CLÉS DU PROJET

  • Identifier les ennemis des cultures (insectes, adventices, pathogènes) présentant un fort potentiel de nuisibilité en agriculture dans un contexte de changement climatique : plus de 40 ennemis des cultures suivis sur une trentaine de sites genevois.
  • Mettre en place une stratégie prévisionnelle de surveillance de ces ennemis par le développement et l’utilisation d’outils de détection.
  • Etablir un protocole de détection précoce et efficace de ces organismes pour les principales cultures horticoles du territoire genevois, en collaboration avec le service phytosanitaire du Canton, les agriculteurs, les associations professionnelles et Agroscope.
  • Analyser les vulnérabilités du secteur agricole du Canton aux changements climatiques pour les organismes ciblés, en identifiant les ravageurs des régions avoisinantes de l’Europe qui présentent actuellement des températures correspondant aux prévisions des hausses de température sur l’horizon 2060 en Suisse. Le but est d’anticiper leur potentielle arrivée dans le pays.