Octobre 2017Scimabio : une start-up sortie du « cocon » d’HEPIA

Scimabio : une start-up sortie du « cocon » d’HEPIA

Alexandre Richard marquant une truite fario à l’aide d’une puce RFID ©  Scimabio / Valentin Vial

 

Deux ans après sa création, la start-up Scimabio vole aujourd’hui de ses propres ailes !
La  société a vu le jour en mars 2015, après l’obtention du prix Genilem HES 2014. Son but est la recherche appliquée et le conseil scientifique en gestion et conservation des poissons qui peuplent nos lacs et rivières (truites, corégones, etc.). Avec mon associé Arnaud Caudron, nous souhaitons favoriser le transfert de connaissances entre les scientifiques (d’HEPIA et d’autres instituts de recherche) et les gestionnaires des cours d’eau et de la pêche, et participer au développement de nouveaux outils.


Concrètement, nous conduisons depuis 2016 un programme de recherche financé par l’Office Fédéral de l’Environnement et les Cantons de Genève et Vaud sur la truite lacustre du Léman. Il s’agit de déterminer dans quel(s) affluent(s) du lac la truite se reproduit majoritairement : le Rhône ? la Venoge ? la Dranse ? Nous pratiquons pour cela des analyses des otolithes, petites concrétions de l’oreille interne des poissons, pour retracer en quelque sorte le parcours des truites depuis leur naissance. Les résultats de cette étude permettront de déterminer les affluents sur lesquels il faut agir en priorité pour que les truites lacustres puissent frayer et maintenir ainsi leur population.


L’activité de Scimabio, c’est aussi l’évaluation de la « continuité écologique » et de la migration piscicole. En effet, de nombreux obstacles, la plupart du temps liés à l’activité humaine (barrages, prises d’eau ou autres), jalonnent nos cours d’eau et entravent le passage des poissons. Nous proposons différents outils pour évaluer les impacts de ces aménagements sur leurs populations ou l’efficacité des mesures d’assainissement : ces outils peuvent être la génétique, le vidéocomptage ou encore le marquage à l’aide de puces électroniques. Ces évaluations sont devenues obligatoires depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi et de l’Ordonnance sur la Protection des Eaux (2011).
Après avoir travaillé 9 années à HEPIA en tant qu’assistant puis adjoint scientifique avec Jean-François Rubin et Franck Cattanéo, professeurs à HEPIA, filière Gestion de la nature, j’ai concrétisé ce projet grâce à la politique de soutien de l’école aux start-ups. J’ai pu à ce titre bénéficier de son infrastructure sur le site de Lullier pendant 2 ans. Aujourd’hui, l’activité de Scimabio est en plein essor et nous collaborons avec les cantons romands sur une dizaine de projets. Nous installerons nos locaux à Genève d’ici la fin 2017. Merci à HEPIA pour ce sérieux coup de pouce !

 

Alexandre Richard
Associé-Gérant, Scimabio