
Dans les vignobles et les vergers, les couverts végétaux protègent le sol, soutiennent la biodiversité et contribuent au fonctionnement des agroécosystèmes. Ils peuvent toutefois être dominés par des graminées très compétitives, qui produisent une biomasse importante, concurrencent potentiellement la culture pour l’eau et les éléments nutritifs et limitent la diversité floristique. Leur gestion peut alors nécessiter des fauches fréquentes, des interventions mécaniques ou des herbicides.
Le projet BIOPAR explore une approche originale pour agir simultanément sur ces deux enjeux: utiliser des plantes hémiparasites indigènes, en particulier le rhinanthe velu (Rhinanthus alectorolophus), afin de réduire la vigueur et la biomasse des graminées dominantes tout en favorisant des communautés végétales plus diversifiées. Les hémiparasites restent capables de photosynthèse, mais se connectent aux racines de plantes voisines pour prélever une partie de leur eau et de leurs éléments minéraux. Ils peuvent ainsi diminuer la compétitivité de certaines plantes dominantes et libérer des ressources et de l’espace pour d’autres espèces.
BIOPAR combine des essais au champ, des expérimentations en conditions contrôlées et la prospection de populations sauvages suisses afin de caractériser l’efficacité du rhinanthe, ses conditions d’implantation et la diversité du matériel végétal disponible.
Les premiers résultats sont encourageants. En conditions contrôlées, la présence du rhinanthe velu réduit significativement la biomasse des cinq espèces de graminées testées, sous deux niveaux de fertilisation. Ce résultat soutient son potentiel pour diminuer la production de biomasse des couverts et, à terme, leur concurrence avec la vigne ou les arbres fruitiers. Les essais montrent également que l’origine des semences influence fortement leur capacité germinative. Des observations complémentaires dans une prairie naturelle montrent par ailleurs qu’une plus forte abondance du rhinanthe est associée à une diminution de la couverture des graminées et de la biomasse végétale totale.
Enfin, les prospections ont permis de constituer plusieurs lots documentés de rhinanthe velu (Rhinanthus alectorolophus), de petit rhinanthe (Rhinanthus minor) et d’euphraise de Rostkov (Euphrasia rostkoviana). Ces ressources permettront de comparer différentes provenances et d’élargir la gamme de plantes hémiparasites étudiées.
BIOPAR vise ainsi à jeter les bases de couverts végétaux produisant une biomasse modérée, moins concurrentiels pour la culture et plus favorables à la diversité végétale. Les prochaines étapes permettront d’affiner les protocoles de semis et de gestion et de préparer le transfert de cette approche vers la viticulture et l’arboriculture.
Responsable de projet - équipe
Matteo Mota
(HEPIA),
Michael Giladi
(HEPIA)